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Points clés à retenir
- La convention collective de la métallurgie s’applique depuis le 1er janvier 2024.
- 18 classes en 9 groupes : une classe n’est pas un ancien coefficient.
- Les minima sont annuels, sur base de 35 heures et 151,66 heures mensualisées.
- Les débutants F11 et F12 ont des minima dérogatoires selon l’expérience.
- Changer de classe n’entraîne pas de hausse automatique du salaire.
Ce qui change avec la classification métallurgie en 2024
Le salaire selon la nouvelle grille de classification de la métallurgie en 2024 repose sur un texte entré en vigueur le 1er janvier 2024 : la convention collective nationale de la métallurgie. Elle remplace les anciens coefficients par un système unique, commun à toutes les entreprises de la branche.
Il faut d’abord distinguer deux notions. Le classement concerne l’emploi, c’est-à-dire le poste tel qu’il est défini. La rémunération, elle, reste individuelle et dépend du contrat, de l’expérience et des accords de l’entreprise.
La nouvelle structure compte 9 groupes et 18 classes d’emplois, lisibles de A1 à I18. Attention : une classe d’emploi n’est pas un ancien coefficient. Les deux systèmes ne se superposent pas, et je vois souvent des salariés tenter une conversion directe qui n’a aucun fondement.
Ouvrir l’infographie en grandComment trouver son groupe et sa classe d’emploi
Avant tout calcul, un mot de vocabulaire. La cotation est la note donnée à l’emploi, pas à la personne. La classe d’emploi est le niveau qui en découle dans la grille.
Le poste est évalué selon 6 critères, notés chacun de 1 à 10. On additionne ensuite les points obtenus. Le total détermine la classe, et la classe appartient à un groupe.
- Chaque critère reçoit une cotation, d’après la description du poste.
- Les cotations sont additionnées.
- Le total renvoie à une classe, puis à un groupe.
- Le résultat est comparé au classement communiqué par l’employeur.
Pourquoi vérifier ? Parce qu’un classement dépend de la façon dont le poste est décrit. Une description incomplète peut tirer l’emploi vers une classe inférieure.
Quelle grille de salaires minima s’applique en 2024
Le salaire minimum hiérarchique est le plancher conventionnel attaché à une classe. Un employeur ne peut pas verser moins, sauf exceptions prévues par le texte. Les 18 minima annuels bruts, de A1 à I18, sont fixés par l’avenant du 11 juillet 2023.
Ces montants reposent sur 35 heures hebdomadaires, soit 151,66 heures mensualisées. Voici quelques repères du barème révisé.
| Classe | Minimum annuel brut |
|---|---|
| A1 | 21 700 € |
| C6 | 25 550 € |
| F11 | 34 900 € |
| G13 | 40 000 € |
| I18 | 68 000 € |
Méfiance avec les pages en ligne. Certaines reproduisent encore les montants initiaux de 2024, d’autres une grille postérieure, et toutes se présentent comme « la grille 2024 ». Pour comparer correctement, il faut identifier le barème issu de l’avenant du 11 juillet 2023 et vérifier l’année affichée.
Comment comparer le minimum à sa rémunération
Le piège classique est la confusion d’unité. Les minima sont annuels, alors que la fiche de paie affiche un montant mensuel. Un salaire mensuel n’a de sens ici que s’il découle d’un minimum annuel, à base de 151,66 heures.
Pour comparer, je procède dans cet ordre : je repère la classe, je lis le minimum annuel, puis je le rapproche de la rémunération annuelle brute. Si la durée de travail diffère de 35 heures, la référence doit être adaptée à la durée effective.
Les conventions de forfait suivent une règle propre. L’article 139, repris dans l’avenant, prévoit une majoration de 15 % ou de 30 % des minima selon le forfait concerné. Le minimum à comparer est alors plus élevé que celui de la grille de base.
Le cas particulier des débutants du groupe F
Les classes F11 et F12 comportent une exception liée à l’expérience professionnelle. Ne reprenez pas automatiquement le minimum général pendant cette période.
Trois paliers s’appliquent : moins de 2 ans, de 2 à moins de 4 ans, puis de 4 à moins de 6 ans d’expérience. Chacun a son propre minimum.
Un exemple chiffré. En F11, le minimum général est de 34 900 € bruts par an. Pour un salarié de moins de 2 ans d’expérience professionnelle, le barème dérogatoire fixe 28 200 € bruts annuels. L’écart dépasse 6 000 €, ce qui change entièrement le diagnostic en cas de comparaison.
Quel effet sur un salaire déjà en place
La nouvelle classification ne doit pas, à elle seule, réduire la rémunération d’un salarié. Elle ne garantit pas non plus une hausse. Changer de classe n’entraîne aucune augmentation automatique.
Il faut séparer trois choses : le salaire minimum de la classe, la prime d’ancienneté et les garanties de rémunération. Le minimum est un plancher. Si le salaire réel le dépasse déjà, il n’a aucune raison de bouger.
Prenons un salarié classé en C6, payé 27 000 € bruts par an. Le minimum de sa classe est de 25 550 €. Son salaire est donc conforme, et la réforme ne lui doit rien de plus. En revanche, à 24 800 €, il serait sous le plancher et pourrait demander une régularisation.
Vérifier son classement et son salaire pas à pas
Voici la méthode que je conseille, applicable en quelques minutes avec la fiche de paie en main.
- Relevez la classe et le groupe indiqués dans les documents de l’entreprise.
- Contrôlez l’année du barème consulté, en vous assurant qu’il s’agit du barème révisé de l’avenant du 11 juillet 2023.
- Vérifiez les paramètres du contrat : durée du travail, forfait éventuel, expérience pour F11 et F12.
- Comparez le minimum annuel à votre rémunération annuelle brute.
- En cas d’écart, demandez les éléments de cotation de votre emploi.
Cette dernière demande est légitime. Elle permet de savoir si le désaccord porte sur la description du poste ou sur le calcul du salaire. Pour s’y retrouver dans le salaire de la nouvelle grille de classification métallurgie 2024, tout commence par un classement exact et un barème bien identifié.



